Le 19e siècle au Château

Avec la série Images d’un siècle, le château de Versailles vous invite à regarder de plus près des tableaux du XIXe siècle conservés dans ses attiques. Cette série de vidéos très didactiques, créée par des enseignants et à leur intention, met en lumière quelques œuvres emblématiques. Elle illustre une époque riche en rebondissements qui contribuèrent à la construction de la République française.

Comme le montre très bien l’exposition « Louis-Philippe et Versailles », l’histoire, au Château, ne s’est pas arrêtée à la Révolution. Au contraire, elle est venue s’y concentrer grâce aux galeries historiques, aménagées dans les années 1830 pour parcourir les grands moments fondateurs de la nation et glorifier ses personnages illustres. La série Images d’un siècle propose une promenade à travers le XIXe siècle à partir de collections méconnues, situées sous les toits du Château.

Dix tableaux remarquables sont placés dans le contexte de leur exécution et analysés par coups de projecteur. Au dernier étage de l’aile du Nord sont, en effet, déployés un grand nombre de petits et moyens formats qui reflètent, tels des jalons, la succession des grands événements du XIXe siècle. S’y trouvent des œuvres phare, parfois très connues, mais que personne ne saurait localiser à Versailles, comme le portrait de Victor Hugo, plongé dans ses pensées, par Léon Bonnat.

En créant ces galeries, Louis-Philippe voulait faire figurer les différents courants politiques qui s’étaient durement affrontés afin de les réconcilier autour de sa personne. Le Directoire, le Consulat et l’Empire s’y avèrent particulièrement bien représentés, le roi ayant voulu dérouler un récit de manière continu à partir des œuvres récupérées dans les magasins royaux et complétées par des commandes. L’épopée napoléonienne peut ainsi être suivie sans interruption depuis la première campagne d’Italie jusqu’à la seconde abdication, puis le retour des cendres de Napoléon, peint par Eugène Isabey en 1842.

Le règne de Louis-Philippe apparaît à travers l’un des premiers épisodes de son accession au trône, lorsqu’il quitte le Palais-Royal pour se rendre à l’Hôtel de Ville de Paris en traversant les barricades.

Il est également évoqué à travers l’attentat de Fieschi, en juillet 1835, qui amena le régime à se durcir.

Enfin, le fameux portrait par Jean-Auguste-Dominique Ingres du fils aîné du roi, Ferdinand, permet de rappeler combien sa mort accidentelle marqua les esprits.

Le début de la seconde République se distingue par le très grand tableau de la Proclamation de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, commandé par l’État à François-Auguste Biard, tandis que le second Empire apparaît sous les traits majestueux de l’impératrice Eugénie et la troisième République à travers la silhouette impressionnante de son premier président, Adolphe Thiers.

La vie des artistes à l’époque et l’univers de la gravure associé au développement de la presse et de l’édition sont évoqués avec le portrait de l’illustrateur Félicien Rops.

Le Traité de Versailles clôt cette série comme il marque la toute fin du XIXe siècle avec l’achèvement de la Première Guerre mondiale.

Toutes ces œuvres, entrées dans les collections du Château selon des modalités diverses, invitent à une traversée approfondie d’un siècle marqué par de profondes mutations politiques, économiques et sociales. Elles sont notamment visibles lors des visites-ateliers organisées pour les scolaires le lundi, lorsque le Château n’est ouvert que pour eux.

La rédaction des Carnets de Versailles

En partenariat avec Éduthèque


À VOIR

Les attiques nord du Château sont également visibles lors des visites en famille « Secrets de famille ». Prochaines dates en 2019 :

9/02 – 24/02 – 17/03