La Flore
à la loupe

Cette frégate présentée dans l’exposition Maquettes de la Marine impériale. Collection du musée de la Marine a été construite entre 1804 et 1807 à Rochefort.
Elle sombre en novembre 1811 près de Chioggia (Vénétie, Italie).
75 hommes moururent lors de son naufrage.
Le modèle photographié ici a rejoint la galerie de Trianon avant 1814.
Véritable chef-d’œuvre destiné à l’Empereur, il a été réalisé à l’atelier spécialement mis en place à Paris, avec des matériaux d’exception et dans la tradition de qualité et d’exactitude du modélisme d’arsenal.

Modèle de La Flore, frégate de 18, réalisé entre 1812 et 1816.
Bois fruitiers, ébène, ivoire, cuivre, fibre végétale.
169 x l,56 x 124 cm, échelle 1/48. © Musée national de la Marine / P. Dantec.

La Flore représente dans la collection la catégorie des frégates en usage sous l’Empire, dites « de 18 », c’est-à-dire armées de canons tirant des boulets de calibre de 18 livres. 350 hommes, dont une douzaine d’officiers, vivent à bord de ces navires longs de 47 mètres (longueur du pont). On peut observer que la frégate, contrairement aux vaisseaux, ne comprend qu’une seule batterie de canons.

© Musée national de la Marine / P. Dantec.

1. L’éperon : figure de proue et filets en ivoire

Comme il est d’usage, la figure de proue, une Flore portant un bouquet, est en relation avec le nom du navire. Le filet de protection des poulaines (lieux d’aisance de l’équipage) est représenté par une véritable résille d’ivoire. C’est un cas unique dans la collection. On remarquera la représentation du doublage en cuivre de la coque, sous la ligne de flottaison. Sur le vrai navire, il protégeait cette dernière contre les algues, qui freinaient la marche, et contre les attaques des vers marins. Cette innovation anglaise a été adoptée par la marine française dans les années 1780.

© Musée national de la Marine / P. Dantec.

2. Autour du grand mât : canons, cordages et hamacs

La vue à bâbord montre une partie de la batterie de canons. Entre les cordages et les haubans du grand mât de misaine passent d’autres bouches de feu qui complètent l’armement de la frégate. Sur la droite, les hamacs de l’équipage sont serrés dans les bastingages, une partie de la batterie de canons. Entre les cordages et les haubans du grand mât de misaine passent d’autres bouches de feu qui complètent l’armement de la frégate. Sur la droite, les hamacs de l’équipage sont serrés dans les bastingages, à l’intérieur d’un filet. Sans cesse humides, ils doivent être en contact avec l’air pour ne pas moisir. Chaque nuit, les hamacs étaient accrochés dans le pont de batterie, entre les canons, pour permettre à l’équipage de dormir à tour de rôle selon les quarts de veille.

© Musée national de la Marine / P. Dantec.

3. Autour de la « grosse cloche »

La cloche placée sur le fronteau du gaillard (pont ouvert couvrant la partie avant et arrière du pont de batterie) est appelée « grosse cloche ». Elle prévient l’équipage des repas et de la prière. Elle est également sonnée en cas de brume, pour signaler la présence du navire. De part et d’autre de la cloche, est représentée la mâture de rechange nécessaire pour réparer le gréement en cas d’avarie loin d’un port. En arrière de la cloche, le petit cabestan servant au relevage des ancres est en ivoire et ébène, comme le fronteau de gaillard. Le choix de ces matériaux et la finesse de la réalisation font de cet objet technique une véritable œuvre d’art.

© Musée national de la Marine / P. Dantec.

4. Gaillard arrière : la « grande chambre » marquetée

Le pont de gaillard arrière, amovible, a été ici retiré pour laisser voir l’intérieur de la pièce appelée « grande chambre ». Une précieuse marqueterie d’ivoire et d’ébène figure le parquet sur ce modèle destiné à l’Empereur, mais il était beaucoup moins luxueux sur le vrai navire. Cette pièce sert de salle à manger au commandant. Il y travaille, y tient ses réunions avec l’état-major (12 officiers) et y dort dans un hamac. En effet, il n’est pas prévu de couchette pour le commandant dans les frégates.

© Musée national de la Marine / P. Dantec.

5. Poupe : le « fer à cheval »

La poupe du navire porte un somptueux décor, ici figuré en ivoire. La forme en fer à cheval a été adoptée sous l’Empire. L’embarcation suspendue sur la poupe est la yole du commandant, utilisée pour se rendre à terre. Les fenêtres sont celles de la « grande chambre » destinée au commandant.

Hélène Tromparent-de-Seynes,
conservateur en chef au musée national de la Marine.

Le musée de la Marine (www.musee-marine.fr) est partenaire de l’exposition.

Cet article est extrait des Carnets de Versailles n°5 (avril-septembre 2014)


À VOIR

Maquettes de la Marine impériale. Collection du musée de la Marine
Du 17 juin au 14 septembre 2014
Grand Trianon

horaires : 12h-18h30, dernière admission 18h
billets : passeport et billet châteaux de Trianon

Gratuit et illimité avec la carte « 1 an à Versailles »

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