Arbre ou fontaine ?

Sur l’actuel site du bosquet des Bains d’Apollon, le jardinier André Le Nôtre avait réalisé l’un des bosquets les plus originaux qu’ait connu Versailles…

Deux artistes – un anonyme au début du XVIIIe siècle, ci-dessus, et Jean Cotelle, plus loin – ont offert des vues de ce lieu disparu, le bosquet du Marais. Si les effets d’eau et la végétation varient d’une représentation à l’autre, l’arbre-fontaine reste la pièce maîtresse du bosquet. © Château de Versailles (dist. RMN-Grand Palais) / Christophe Fouin.

Avec leurs lances, gerbes et effets d’eau de tous genres, les bosquets créés sous le règne de Louis XIV pouvaient être aussi grandioses qu’étranges et surprenants. Théâtres des divertissements et attractions les plus inattendus — l’on raconte un épisode où des orangers offraient des fruits confits —, leurs décors, d’une beauté et d’une créativité sans pareilles, suffisaient à émerveiller, et parfois même à troubler, le visiteur qui franchissait l’entrée de ces jardins féeriques.

Vue du bosquet du Marais ou du Chêne-vert avec les nymphes jouant à divers jeux [détail], par Jean Cotelle, 1688-1693. © Château de Versailles (dist. RMN-Grand Palais) / Christophe Fouin.

Des jets d'eau jaillissant d'un arbre et des roseaux alentours

Le bosquet du Marais était de ceux-là. Au centre d’un bassin rectangulaire, un arbre artificiel dont les branches laissaient gracieusement s’échapper un large parapluie d’eau. Tout autour, des roseaux et des cygnes déployaient eux aussi une multitude de jets. De part et d’autre du bassin, créés par Jules Hardouin-Mansart, deux buffets d’eau en marbre et deux tables ornées de corbeilles de fleurs et de fruits en bronze doré venaient compléter l’ensemble, offrant eux aussi de charmants effets visuels.

Vue du bosquet du Marais ou du Chêne-vert avec les nymphes jouant à divers jeux, par Jean Cotelle, 1688-1693. © Château de Versailles (dist. RMN-Grand Palais) / Christophe Fouin.

Un lieu de divertissement décrit par Félibien

Une partie de la fête des Divertissements de Versailles donnée en 1674 se déroula en ce lieu. André Félibien nous en donne une description qui laisse rêveur : « Aux beautés de ce lieu on avait ajouté mille autres embellissements […]. Il y avait des corbeilles remplies de pâtes et de fruits confits, entremêlées de carafes de cristal et d’autres petites porcelaines. » Coûteux à entretenir, l’ensemble fut détruit en 1705, mais continue de piquer, des siècles après, la curiosité de tous.

Sandrine Rosenberg,
autrice

 


À LIRE

Petit inventaire ludique et spectaculaire, par Sandrine Rosenberg, Château de Versailles / éditions du Chêne, 21 × 27 cm, 316 p., 39,90 €, novembre 2019.

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