magazine du château de versailles

Un savant jeu d’optique

Inutile de chercher le Roi sur ce portrait peint en 1762 par Charles Amédée van Loo : vous ne pourrez le voir à l ’œil nu !

Portrait allégorique de Louis XV, par Charles-Amédée van Loo, 1762, [détail]. © Château de Versailles (dist. RMN-Grand Palais) / Franck Raux.

Observez avec attention ce Portrait allégorique de Louis XV représenté par les Vertus. Où le roi se trouve-t-il ? Pour le savoir, contemplez tout d’abord les différentes allégories qui entourent le bouclier blanc fleurdelisé : de gauche à droite, prennent place la Générosité, la Vertu invincible, la Vertu héroïque, l’Intrépidité, la Valeur militaire, la Magnanimité et la Justice. Au bas du tableau, le visage de Méduse, le petit buste en marbre représentant Apollon, la tête de lion et le masque jouent également un rôle précis.

Il faut observer ce tableau à travers une lentille à facettes pour voir apparaître le visage du roi sur le bouclier au centre de la toile. Un chef-d’œuvre du peintre Charles Amédée van Loo qui piqua la curiosité des contemporains de Louis XV. © Château de Versailles (dist. RMN-Grand Palais) / Christian Milet.

Le portrait de Louis XV

Si, et seulement si, le spectateur regarde le tableau à travers une lentille polyédrique — qui permet la réfraction de portions spécifiques des Vertus et objets —, il verra alors apparaître, comme par magie, le portrait de Louis XV sur le bouclier central. Mieux encore, le peintre explique que « la Justice donne une des faces de la frisure de l’œil [car] rien n’échappe au regard de la Justice » ou que « la Valeur guerrière donne une partie du nez et la bouche [car] la bouche est pour le Commandement » : rien n’a été laissé au hasard.

Un jeu en vogue au XVIIIe siècle

Ce chef-d’œuvre d’ingéniosité répond à un procédé d’optique appelé anamorphose dioptrique ; combinant les règles de la perspective avec les propriétés des miroirs, prismes et lentilles, ce type de jeux visuels était particulièrement en vogue au XVIIIe siècle. L’œuvre, présentée au Salon de 1763, suscita la curiosité et l’enthousiasme des Parisiens, mais surtout celle du souverain lui-même.

Sandrine Rosenberg, autrice


À VOIR


À LIRE

Petit inventaire ludique et spectaculaire, par Sandrine Rosenberg, Château de Versailles / éditions du Chêne, 21 × 27 cm, 316 p., 39,90 €, novembre 2019.

À commander sur la boutique en ligne du château de Versailles

 

 

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