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Les vigies de Trianon

Il y a quelques mois, un rucher a pris ses quartiers au château de Versailles, bien à l’abri du vent et du public. La zone de butinage des essaims, composés d’abeilles noires locales, sera le témoin de la biodiversité du Domaine.

L’apiculteur des ruches de Trianon, Patrick Bertolotti, et ceux qui l’entourent prennent soin des abeilles. De même, les abeilles, à travers le pollen qu’elles recueillent, veillent sur le domaine de Versailles. © château de Versailles / Christian Milet.

L’implantation de huit ruches à Trianon relève de l’une des démarches environnementales développées par le Château dans le cadre du plan de gestion du Domaine. Pour leur entretien et leur exploitation, l’Établissement fait appel à la ferme de Gally, située à Saint-Cyr-l’École, qui gère une quarantaine de ruchers selon des méthodes écoresponsables.

La ferme de Gally partenaire

« L’implantation des ruches a parfaitement réussi, les jeunes essaims ont bien travaillé pour la première récolte, en juillet, explique Jean de Chasseval, spécialiste biodiversité à la ferme de Gally. Depuis, nos deux apiculteurs laissent les abeilles fabriquer le miel qui assurera leur subsistance pendant l’hiver et recueillir le pollen nécessaire à l’alimentation des larves qui naîtront en janvier-février ».

Environ 180 kg de ce miel de Trianon ont été mis en pot, fin août, à la ferme de Gally. Quant au pollen, des échantillons sont remis à BeeOdiversity, une société belge qui agit pour la protection des pollinisateurs et qui a développé un outil de veille environnementale lié à leur fascinant écosystème.

Les pelotes de pollen récupérées à l’entrée de la ruche afin d’évaluer, à partir de multiples critères, la qualité des parcelles végétales du Domaine. © château de Versailles / Christian Milet.

Des pelotes de pollen confiées à l’analyse

Deux des huit ruches de Trianon sont équipées d’une trappe à pollen : quand les abeilles entrent dans la ruche, les pelotes de pollen qu’elles transportent sur leurs pattes arrière sont retenues par une grille et sont réceptionnées dans un réservoir placé sous l’entrée. BeeOdiversity pourra analyser, grâce à ce pollen, les plantes butinées, la diversité des essences dans un rayon d’environ 2 kilomètres, la qualité nutritive des pollens, la disponibilité des ressources au cours de l’année dans la zone de butinage, l’échelonnement des floraisons, la santé des abeilles, la présence de certains polluants et jusqu’à 500 types de pesticides…

« Ces ruches vont servir l’analyse de la diversité des pollens, des dynamiques de fleurissement au Domaine et de la suffisance alimentaire des abeilles, principales actrices de la pollinisation », explique Christopher Peignart, référent du rucher au château de Versailles. Grâce à ce rucher, l’Établissement pourra ausculter la qualité des parcelles végétales du Domaine et les dynamiser pour assurer, tout au long de l’année, un maximum de ressources aux insectes pollinisateurs dont la biodiversité a tant besoin.

Clotilde Nouailhat


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