magazine du château de versailles

6 facteurs potentiels
de dégradation
à surveiller

Mieux vaut prévenir que guérir. L’adage vaut pour les hommes, mais également pour les collections d’un musée. Depuis 2015, le château de Versailles et d’autres résidences royales européennes se sont engagés dans un vaste programme de « conservation préventive » appelé « EPICO » (European Protocol In Preventive Conservation), afin de protéger les trésors qu’ils abritent. Voici les principaux dangers qui les menacent :

1 – Lumière
La lumière naturelle ou artificielle peut décolorer les fibres textiles teintées. À force, elle dénature la cellulose des fibres végétales et les protéines de la soie. D’où déchirures et pertes de matériau. De manière générale, les volets sont fermés quand les salles ne sont pas ouvertes au public. Des filtres anti-UV sont appliqués aux fenêtres. Pour les œuvres particulièrement sensibles, l’apport lumineux est limité au maximum par la fermeture des rideaux.

2 – Poussière
La poussière qui se dépose sur les œuvres est apportée essentiellement par les vêtements des visiteurs. Son accumulation crée un milieu favorable au développement des moisissures et des insectes. De plus, un dépoussiérage trop fréquent ou avec du matériel inadapté, peut entraîner une abrasion des surfaces. Au Château, les campagnes de dépoussiérage sont réalisées par des professionnels, tous les lundis sur les collections exposées.

3 – Climat
La stabilité du climat conditionne la bonne conservation des décors et des œuvres. Des sondes surveillent en permanence la température et le taux d’hygrométrie. Des fluctuations trop importantes pourraient créer des phénomènes d’absorption/ désorption qui déforment les bois, fissurent les marqueteries, génèrent des craquelures sur les toiles peintes.

4 – Vibrations
Des accéléromètres analysent les vibrations lors des périodes de travaux. À la différence des chocs qui entraînent un dommage immédiat, les vibrations ont des effets cumulatifs. Leur impact dépend du rapport entre leur fréquence (en Hz) et la fréquence de vibration des œuvres. Plus ces fréquences sont proches, plus les œuvres risquent d’entrer en résonance et de subir des dommages.

Vue hivernale des Jardins de Versailles © EPV / Didier Saulnier

5 – Micro-organismes
Les algues et les lichens peuvent créer des altérations sur les statues de marbre. De la Toussaint à Pâques, celles-ci sont revêtues de housses qui empêchent la photosynthèse et les protègent de l’humidité. Le gel, en revanche, n’est pas une menace pour le marbre dont la densité élevée empêche l’eau de pénétrer dans ses pores. Ces actions sont dirigées par Sebastien Forst, responsable de l’atelier de restauration des sculptures.

6 – Insectes
Les insectes peuvent causer des dégradations irréversibles. Dans les réserves, un éclairage permanent à la lumière verte sans UV, inoffensif pour les œuvres, permet de piéger les insectes. Attirés par la lumière, ils viennent s’engluer sur des plaques collantes. L’équipe de conservation préventive évalue le nombre d’insectes et effectue, si besoin, des traitements. Les espèces inconnues sont transmises à un entomologiste.

© EPV /Didier Saulnier

Cet article est extrait des Carnets de Versailles n°9 (avril-septembre 2016).


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