Chez le collectionneur
Le Nôtre

Le jardinier a acquis de très nombreuses œuvres d’art, jusqu’à sa mort, en 1700. Sa maison, au nord des Tuileries, ne comptait pas moins de trois pièces consacrées à ses collections.
Son goût était proche des grands personnages pour qui il a travaillé : Gaston d’Orléans, Fouquet, le Grand Condé, et bien sûr le roi à qui il céda, en 1693, 21 de ses plus beaux tableaux, une trentaine des bronzes et des porcelaines de facture exceptionnelle.

Le Christ et la femme adultère, par Nicolas Poussin, 1653. © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Angèle Dequier.

Une commande à Poussin
Jésus et la femme adultère, donné au roi par Le Nôtre, aurait été commandé en 1653 à Poussin. La toile témoigne de l’intérêt de Le Nôtre pour le « peintre philosophe » : une dizaine d’œuvres de ce peintre a été inventoriée dans sa collection.

Le Lorrain, peintre de la « nouvelle Rome »
Grand peintre de paysages, il fait, comme Poussin, une grande partie de sa carrière à Rome. La fête villageoise et son pendant, le Port de mer au soleil couchant, sont des répétitions autographes de tableaux commandés en 1637 pour le pape Urbain VIII.

Faune, par Louis Lerambert, 17ème siècle. © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Tony Querrec

L’ami sculpteur Lerambert

Les familles Lerambert et Le Nôtre se connaissent depuis toujours. Selon son biographe « il apprit à dessiner chez Monsieur Vouet, et ce fut là qu’il connut M. Le Brun et M. le Nautre [sic] ». Il évoque aussi, chez Le Nôtre, « deux têtes de faunes qui sont très belles avec quelques bas-reliefs sur des sujets folâtres ».

 

 

 

 

 

 

 

Adam et Eve chassés du Paradis, par Domenico Zampieri
dit le Dominiquin, vers 1623-1625, dépôt du musée du Louvre © Ville de Grenoble / musée de Grenoble-JL Lacroix.

L’hommage à Michel-Ange du Dominiquin

Adam et Ève chassés du Paradis était considérée comme l’œuvre majeure des collections de Le Nôtre et signalée dans les guides de Paris. Lorsqu’elle fut donnée à Louis XIV, cette œuvre figura en majesté dans la Petite Galerie du roi, aux côtés notamment, de l’Annonciation, de l’Apollon et Daphné de L’Albane. La figure du Dieu reprend, avec une remarquable maîtrise des carnations et du dessin, celle de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, à l’exception du doigt, inquisiteur.

Apollon et Daphné, par Francesco Albani dit L’Albane, 1615-1620, musée du Louvre. © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Gérard Blot

L’Albane au goût du roi

Un des peintres préférés de Louis XIV qui possédait 24 de ses œuvres. Dans le cabinet de Le Nôtre, les Albane sont « contextualisés », mis en relation avec les peintures mythologiques de ses paires, Poussin, Le Lorrain.

Médaille en or, D. 7,4 cm : La Prise d’Orsoy, Burich, Wesel et Rhinberg, 1672.
Avers : LVD OVICVS MAGNVS RE X CHRITIA NISSI MVS
Revers : VRBES IIII SI MVL EXPUGNATAE / ORSOVIA RHI NBERGA BVRI CHIVM VESALIA
Signée : R. (avers)
et MAV GER. F. (revers). © Paris, Bnf, cabinet des Médailles et Antiques, série royale.

Le Nôtre « médailliste »

Fait étonnant, il possédait une importante collection de médailles à la gloire de Guillaume III, ennemi de Louis XIV. L’inventaire après son décès fait état, parmi sa collection, de 68 médailles d’or et de plus de 1 500 d’argent.

Apollon et Daphné, attribué à Ferdinando
Tacca, 17ème siècle. © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Philippe Fuzeau.

 

 

 

Une passion pour les bronzes

Le Nôtre témoigne d’un intérêt certain pour les bronzes qui iront enrichir le cabinet du Roi.

François Appas,
Responsable des visites conférences au Château

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